Descente
Greta Whiskett et ses furets
Un couloir étroit qui s'enroule en spirale à l'intérieur du tronc, des marches taillées dans
le bois lisses sous les pas, l'air qui devient plus chaud à chaque révolution, plus humide,
avec une odeur de fourrure tiède et de terre mouillée. Tu peux deviner à dix mètres
que tu approches. Aux couinements aigus. Aux petits grattements de griffes sur l'écorce.
Quand tu pousses la porte ronde, tu entres dans la Furière. Une salle circulaire taillée à
même les racines, tapissée de mousse, traversée par des faisceaux de lumière dorée. Et partout
— niches, plateformes suspendues, tunnels qui s'enfoncent dans l'écorce, cordelettes tendues
— des furets. Gris, roux, blanc pur, tachetés. Ils courent, ils grimpent, ils se
chamaillent, ils dorment en boule, ils volent des lacets.
Au milieu de tout ça, Greta Whiskett. Grande, ronde, des cheveux orange en chignon
d'où s'échappent toujours quelques mèches. Un furet sur l'épaule en permanence. Un autre
dans la poche de son tablier. Un troisième qui grimpe le long de sa jambe sans qu'elle le
remarque vraiment.